L’Appreciative Inquiry repose sur 5 principes fondateurs, énoncés par David Cooperrider et Suresh Srivatsa. La pratique de ces principes dans la vie courante a des effets puissants ; s’ils sont appliquées consciemment, ils vous permettront de créer de solides relations et de réussir de grandes choses dans votre organisation.

Comprendre les principes fondamentaux de l’Appreciative Inquiry est véritablement crucial pour pouvoir :

  • utiliser intelligemment le processus dit des « 5D »
  • voire réinventer de façon créative et adaptée à l’organisation un nouveau processus de déploiement de l’approche.

Ne pas les connaître, les survoler, ne pas les vivre (et faire de l’Appreciative Inquiry plutôt que d’être « Appreciative Inquiry« ) serait appliquer une recette automatique qui perdrait toute sa substance et sa puissance.

D’autres auteurs ont rajouté au fur et à mesure de leurs pratiques d’autres principes.

Nous rajoutons l’un d’entre eux qui est fondamental : le principe de complétude.

Ces principes sont au nombre de 6

Principe

Constructioniste

Principe

Positif

Principe

Poétique

Principe

Simultanéité

Principe

Complétude

Principe

Anticipation

Définition : Ce principe fondamental de l’Appreciative Inquiry énonce simplement que notre façon de connaître, de comprendre a des conséquences. Ce qui veut dire que comprendre et donner du sens à notre expérience affecte nos décisions et nos actes.  Ce  principe suggère que, quelle que soit l’histoire, les humains et les relations sont dynamiques. Les mots, les actes le sens que nous leur attribuons créent le monde tel que nous le vivons dans notre langage, nos conversations et nos interactions avec les autres. C’est par les dialogues des conversations, par l’échange de nos mots et de nos points de vue que nous créons le présent et l’avenir.

Un exemple : imaginez que votre responsable hiérarchique vienne à vous avec ce que vous qualifiez de ton irritable, il vous demande quand le projet sur lequel vous travaillez sera terminé. Votre réponse et le tour pris par votre relation avec lui dépendra de la façon dont vous avez compris ce qu’il vous communique. Vous pouvez interpréter ses mots et ses gestes comme une attaque injustifiée à votre égard, et répondre  défensivement en adoptant une attitude négative qui peut détruire la relation. D’un autre côté, vous pouvez interpréter sa remarque en supposant qu’un niveau supérieur (la Direction) lui a mis une certaine pression et qu’il en veut à son propre responsable et non à vous personnellement. Si tel est le fond de votre pensée, vous lui montrerez alors de la compassion et votre réponse lui apportera un soutien – ce qui aura pour effet de renforcer votre relation et vous fera abandonner votre attitude négative.

Définition : le principe positif part de l’idée que plus nos images internes sont positives, colorées, spectaculaire, plus nous serons attirés vers elles. Ce qui signifie qu’en partageant des images colorées, spectaculaires et détaillées de votre organisation, de vos relations, de votre famille, votre société et de votre avenir, vous développez la capacité de les atteindre. Le principe positif  leur raison d’être aux quatre autres principes :

le principe Constructioniste permet de choisir les mots qui contribuent à créer le monde dans lequel nous vivons. Il montre l’utilité d’adopter un langage positif et de posséder un savoir ou une compréhension ouverte à des images positives pour donner un sens au monde. Lorsque nous nous centrons sur les forces, les aspects positifs des aspirations et des événements humains, nous pouvons commencer d’apprécier les avantages de vivre dans un paradigme appréciatif

le principe de simultanéité considère le questionnement et le changement comme des événements simultanés. Le principe positif démontre que le questionnement sur ce qui est bon et possible conduit à des images et des actions positives. En fait la positivité des questions est proportionnelle à celle des images des actions qu’elles suscitent.

–  le principe poétique , comme le principe positif, nous invite à  explorer les nombreux bons côté d’une situation. Il nous suggère de nous pencher sur les possibles au lieu de nous centrer sur les problèmes, sur les moments de joie et non de tristesse et d’énergie et non d’apathie. En nous arrêtant à leurs aspects positifs, il nous permet de choisir notre manière d’interpréter la vie, les relations.

Définition :  si vous avez étudié la poésie, vous comprendrez aisément ce principe. Un poème peut être interprété de multiples façons et cela dépend du lecteur, du moment, de sa façon de le lire, de ses sentiments, du lien avec ces expériences et du pourquoi de sa lecture. On peut ajouter qu’un poème abrite des significations multiples. Le principe poétique pose qu’il en va de même dans notre vie, dans nos organisations : elles ressemblent à un livre ouvert ou un poème. Notre histoire de vie personnelle, l’histoire de la vie de nos organisations, comme les grands poèmes, sont constamment réécrites, relues et réinterprétée.

Exemple :  vous pouvez vous arrêter sur le moral bas ou vous centrez sur les moments d’enthousiasme et de motivation de votre lieu de travail ; vous pouvez vous apitoyer sur le fait que vous n’avez pas obtenu d’avancement ou reconnaître que vous aurez désormais le temps d’écrire un livre ou de passer plus de temps avec votre famille. Vous pouvez goûter ces moments délicieux ou votre enfant s’arrête pour regarder un insecte passant sur le trottoir ou vous fâcher parce que vous êtes constamment obligé de ralentir ou de vous arrêter. Vous avez donc le choix de rendre votre journée belle si vous savez vous centrer sur les possibles et valoriser ce qui vous arrive – vous avez le choix ! Vous pouvez vous arrêter sur vos réussites, sur vos éclairs de sagesse, sur vos compétences et les forces qui vous animent ou vous pouvez vous attarder sur vos faiblesses et vous raconter tout ce que vous avez raté. L’histoire dans laquelle vous vous engagez à un impact important sur la dynamique de vos relations et le rôle que vous pouvez y jouer.

Définition : ce principe travail en symbiose avec le principe constructioniste. Il pose que le changement s’opère dès l’instant où vous commencez à poser des questions. Le questionnement et le changement sont presque toujours des événements simultanés. Les questions ou les commentaires neutres n’existent pas. Toute question, tout commentaire entraîne la conversation ou la pensée dans une direction ou une autre : toute interaction est dynamique. Votre remarque est perçue par les autres et interprétée à partir de leur cadre de référence et la réponse mène la conversation plus loin encore.

Un exemple :  Deux personnes parlent de leur travail en milieu hospitalier. La première est un  administrateur qui tente de convaincre ses médecins de s’engager dans un projet. Il exprime sa déception face au peu d’attention et d’intérêts qu’ils manifestent. Il décrit en détail  leur apathie et leur manque de coopération. La deuxième personne lui répond disant : « C’est invraisemblable !  Quelless autres choses avez-vous tenté de réaliser sans succès ? » Elle prend soudain conscience que ses mots vont l’engager dans une conversation basée sur le déficit et elle modifie ses questions. Après une pause, elle demande : « il doit tout de même exister des médecins qui partagent vos voeux non ? » Immédiatement, l’administrateur se redresse, sourit et dit : « Oui, il y a une équipe de 15 médecins qui sont incroyables ! » Et de décrire toutes les choses intéressantes que ces docteurs font. Dès cet instant, ils ont pu donner un cours différent à la conversation, se sont mis à envisager plusieurs options pour inviter plus de médecins à s’engager dans le projet.

Ce principe indique la nécessité de mettre toutes les parties prenantes « dans la salle » lorsqu’il s’agit de faire évoluer une organisation. En réunissant toutes les parties prenantes, on accroit les points de vue, la créativité.

 

Ce principe nous invite également à se souvenir de s’occuper du « tout » lorsque nous abondons des challenges :

  • le positif et le le négatif
  • la tête, le coeur, le corps

Définition : nous autres les humains sommes constamment en train de planifier, d’anticiper, de rêver, de nous inquiéter, d’imaginer, de penser, de nous émerveiller, de faire des projets. L’impact de ces activités faussement passives est fondamental pour le principe d’anticipation. Il pose que les humains vivent en « anticipant » les événements futurs et que cette « situation » affecte les personnes et les systèmes qui les entourent.  La notion de « prédiction qui se réalise » nous est à tous plus ou moins familière. Une prédiction qui se réalise peut conduire à la réussite ou à l’échec. Les deux plus importantes découvertes qui sont à la base du principe d’anticipation sont l’effet placebo ou l’effet Pygmalion et l’effet Galatée. Le premier dit que ce que vous croyons vrai affecte notre bien-être et nos capacités de guérison. Depuis de nombreuses années, les médecins savent que dans certaines circonstances, il est possible de guérir un patient en lui prescrivant un placebo, à condition qu’il le croie. Les études sur le double lien ont démontrés que si le médecin croit lui aussi que la pilule guérira le patient, celui-ci a de plus grandes chances de se rétablir. C’est ce que l’on appelle l’effet Pygmalion : notre bien-être et notre capacité de réussir sont influencés par ce dont les autres nous croient capable « il nous montre que nos croyances sur autrui affectent également leur capacité de réussir »

Exemple : vous êtes  invité à un cocktail. Vous ne vous sentez pas la liberté de refuser et vous vous anticipez le fait que cela va être profondément ennuyeux. Il est très probable que cela soit effectivement ennuyeux tant vous vous êtes mis dans cet état d’esprit.